OpenStreetMap et la prise de notes photo

Contributeur au projet OpenStreetMap depuis maintenant quelques années, ma méthode de travail s’est affinée au fil du temps pour aboutir à des pratiques qui me paraissent complètement naturelles et pour tout dire, tout-à-fait banales… Jusqu’à ce qu’un discussion autour d’un café avec un autre contributeur m’amène à me rendre compte que, bien que banales, certaines techniques gagneraient à être partagées. C’est le cas de la prise de notes photographique.

Plusieurs techniques de prise de notes sont proposées aux mappeurs par le projet OSM, du simple papier au Walking papers. Pratiquant le relevé terrain couramment lors d’activités sportives, VTT ou randonnées, je n’ai pas vraiment le temps de m’arrêter pour prendre des notes sur papier, surtout si je ne suis pas tout seul. Cela peut déjà paraître un peu bizarre de photographier tous les panneaux de randonnée (information=guidepost) ! Je préfère donc photographier tout ce qui peut avoir un intérêt cartographique… pour plus tard.

De retour à la maison, c’est le moment de la saisie de toutes ces informations. Principal logiciel existant pour réaliser ce travail, JOSM propose nativement l’ouverture d’images géolocalisées avec :

  • ajout d’un marqueur sur la carte à la position de prise de vue et

josm_img02

  • ouverture d’une interface permettant l’aperçu de l’image sélectionnée sur la carte. Pour le détail de l’utilisation de cette interface, je vous renvoie vers la documentation de JOSM mais sachez qu’elle permet de facilement zoomer dans une photo pour lire un texte et de naviguer dans la carte en parcourant les photos.

josm_img

Tout cela est parfait à partir du moment où les images sont “géotaggées” pour que JOSM puisse les placer au bon endroit sur la carte. Pour réaliser ce traitement, j’utilise gpscorrelate, un utilitaire en ligne de commande. Heu oui désolé, ici on est sous Linux et on aime bien la ligne de commande… mais il existe aussi une interface graphique gpscorrelate-gui. Notez qu’il existe des solutions alternatives (digikam, gpicsync).

Le principe de gpscorrelate est de croiser les informations d’une trace GPS avec l’horodatage des images. Il faut disposer d’une trace GPS du moment du relevé terrain et l’appareil photo doit être réglé à la bonne heure. Donc attention à vérifier l’heure de son appareil photo régulièrement ! J’ai pu constater des décalages assez rapides.

Pour ceux qui ont la flemme d’effectuer ce réglage (ou ont oublié), une autre solution consiste à photographier l’écran de son GPS sur une page affichant l’heure (précision à la seconde requise) puis à corriger l’horodatage des images. Il est possible d’utiliser l’option “photooffset” de gpscorrelate pour tenir compte du décalage en secondes entre l’heure GPS et l’heure de l’appareil photo, mais tant qu’on y est, autant corriger une bonne fois pour toutes, l’heure des images. Toujours en ligne de commande, exiv2 fait cela très bien. Si par exemple, l’appareil photo était en retard d’une minute et 5 secondes par rapport à l’heure GPS,

exiv2 ad -a 0:01:05 *.JPG

va corriger en masse les horodatages de toutes les images du répertoire courant et pour tous les champs date des métadonnées EXIF.

On passe maintenant à la corrélation. La commande est plutôt simple. On pointe vers le fichier GPS et on indique le décalage en heure lié au fuseau horaire : soit pour la France, 1 heure en heure d’hiver et 2 heures en heure d’été.

gpscorrelate --gps file.gpx --timeadd 2 *.JPG

Il ne reste plus qu’à ouvrir les images dans JOSM via le menu “Fichier/Ouvrir” et à cartographier tout cela. Hop, au boulot !

3 réflexions au sujet de « OpenStreetMap et la prise de notes photo »

  1. Et pourquoi ne pas simplement utiliser les fonctionnalités intégrées à JOSM.
    On peut même facilement trouver le décalage entre les horcole en photographiant l’heure affichée sur le GPS et en l’entrant dans JOSM…

    JOSM peut directement mettre à jour l’EXIF des photos.

    KISS !

    1. Merci pour le retour. L’idée est ici d’axer sur des commandes Bash mais comme dit dans le post, il existe des alternatives à l’aide d’interfaces graphiques. JOSM en fait parti en effet.
      J’aime assez l’idée de passer par du Bash pour réaliser les traitements qui peuvent-être réalisés par du Bash : souvent plus efficace et scriptable. C’est une affaire de goût !

  2. Merci pour cet article.

    Étant moi aussi adepte de la ligne de commande, je trouve l’approche proposée fort intéressante car elle permet en un tour de main de :

    – corriger l’heure de prise de vue (mon appareil photo n’est absolument pas fiable en la matière et dérive très vite) ;

    – géolocaliser toutes les photographies prises au cours d’une sortie. Il est vrai que JOSM permet d’effectuer la corrélation entre trace GPX et photographies horodatées mais il faut ouvrir JOSM… Et autant cela peut être un réflexe et une finalité lorsqu’on souhaite mapper, autant ce ne l’est pas lorsqu’il s’agit simplement de géolocaliser des photographies de voyage.

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